Nos jours heureux

Affiche Nos jours heureux
Réalisé par Eric Toledano, Olivier Nakache
Pays de production France
Année 2006
Durée
Musique Frédéric Talgorn
Genre Comédie
Distributeur SND
Acteurs Omar Sy, Jean-Paul Rouve, Marilou Berry, Lannick Gautry, Julie Fournier
N° cinéfeuilles 529
Bande annonce

Critique

"En France, plus d'un million d'enfants partent chaque année dans des centres de vacances, encadrés par plus de 200'000 animateurs et directeurs diplômés. Une véritable institution et, pour le cinéma, un beau sujet!

Avec NOS JOURS HEUREUX, Eric Toledano et Olivier Nakache ont décidé de faire appel à leurs souvenirs de ""moniteurs colos"" et de réaliser une petite comédie souriante, en suivant pendant trois semaines les heurs et malheurs d'une trentaine de gosses et de leurs éducateurs.

Enfants et moniteurs, chacun arrive avec son histoire, le quotidien se chargeant du reste. Premières séparations d'avec les parents, premières cigarettes, premières amours, rivalités d'adolescents, petites bagarres dans les dortoirs, ennuyeuse visite d'un musée (celui de la pantoufle) un jour de pluie, nuits sous tente, tout cela fait partie du fonds de commerce d'une colo. Sans oublier bien sûr les petits problèmes personnels des animateurs...

Les deux cinéastes ont su, à l'évidence, recréer l'atmosphère de cette vie communautaire assez particulière, en évitant le comique ou la caricature faciles, en trouvant le ton juste, en s'amusant des petits événements quotidiens, tantôt tendres et émouvants, tantôt drôles ou surprenants, Tous les personnages sont vivants, respirent, s'affrontent, souffrent, évoluent.

Il y a d'abord Guillaume, l'intello questionneur fatigant; Timothy, le garçon B.C.B.G.; Steve, le petit dragueur; Benoît, l'hyperactif déboussolé; la petite Charlotte, Léa, Camille et les autres. Il y a aussi les animateurs: le chef Vincent (Jean-Paul Rouve, excellent), l'infirmière Nadine (Marilou Berry), très branchée médecines douces et tisanes. Et encore Joseph (Omar Sy), cool et de bonne humeur, et Lisa (Julie Fournier), très occupée à jouer son rôle de star, sans oublier Daniel le play-boy, Truman le Canadien souvent décalé, et Caroline, d'une timidité maladive, mais à qui trois semaines de confrontation pédagogique et sociale vont redonner le goût du verbe cru...

Film sans prétention, NOS JOURS HEUREUX ne raconte pas une histoire, mais des morceaux d'histoires. Trop peut-être, ce qui fait souvent du film une suite de sketches ou de scènes ""prétextes"". A mettre pourtant à l'actif des cinéastes, leur direction intelligente et sensible des comédiens, tout particulièrement celle des plus jeunes - ce qui était sans doute une gageure.

La vraie réussite du film se situe à ce niveau-là, dans cette impression de naturel, dans ce comique joyeux, proche parfois de la satire - voir le comportement de certains parents, ou les contrôles pointilleux des autorités sanitaires... -, dans cette touche d'amertume aussi qui apparaît par-ci par-là, comme dans la pirouette finale, jolie image du ""faites ce que je dis, mais pas ce que je fais""..."

Antoine Rochat