Avril

Affiche Avril
Réalisé par Gérald Hustache-Mathieu
Pays de production France
Année 2005
Durée
Genre Comédie dramatique
Distributeur agorafilms
Acteurs Nicolas Duvauchelle, Clément Sibony, Miou-Miou, Sophie Quinton, Richaud Valls
Age légal 10 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 528
Bande annonce

Critique

L'histoire commence dans une ambiance hors du temps. Pensez: un couvent de trappistines (dont la communauté a changé de nom depuis que l'ordre féminin a été dissous), perdu dans les bois du Jura français; une vie cadencée par les offices, les travaux de la terre et la fabrication d'une liqueur aux herbes; alimentation frugale, silence, deux heures de "récréation" par jour... et une mère supérieure exaltée et rigoriste.

Parmi la dizaine de religieuses, Sœur Bernadette (Miou-Miou, très à l'aise dans un rôle sans artifices cosmétiques) semble ruer - discrètement - dans les brancards, tandis qu'Avril, mignonne novice, dans tous les sens du terme (Sophie Quinton, lumineuse et bellement candide), s'apprête à prendre le voile. La démarche commence par la mise en terre d'une caissette contenant des objets attachés à son passé, notamment un herbier peint, car elle excelle dans l'aquarelle, puis par la réclusion pendant une semaine dans une chapelle dont les murs devront être passés au blanc. Et c'est au début de cette semaine décisive que Sœur Bernadette vient apprendre à Avril que si elle a été trouvée nouvelle-née sur le seuil du couvent et adoptée par les religieuses, elle n'était pas seule, car il y avait un garçon confié, lui, à une famille de la région. Avril franchit alors la porte de la chapelle laissée ouverte et enfourche un vélo pour aller trouver ce frère inconnu; dépannée par un jeune marchand de couleurs (impeccable Nicolas Duvauchelle), elle prend avec lui la route de la Camargue où ce frère est en vacances avec une amie - qui s'avère être un ami, en vertu d'un "état temporairement homosexuel"...

Ce qui commençait comme l'éveil émouvant d'une âme élevée en vase clos tourne en bluette doucereuse où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil sauf, bien entendu, la mère supérieure. La transgression (ou la libération) se traduit par des corps nus enduits de peinture et pressés contre les murs immaculés de la chapelle pour y laisser leur empreinte. La fin s'abîme dans des images au symbolisme lourdingue, figurant défloration et résurrection, et nous ramène au genre télévisé.

Daniel Grivel

Appréciations

Nom Notes
Daniel Grivel 10
Georges Blanc 10
Geneviève Praplan 12