Critique
Les films hongrois ont fêté cette année leur retour sur la Croisette. Parmi les meilleurs, AIR FRAIS, de la réalisatrice Ágnes Kocsis, portrait croisé de deux femmes.
Viola, la quarantaine passée, travaille dans une station de métro en tant que responsable des toilettes. Sa fille Angela, élève douée d'une école de couture, a un peu honte du métier de sa mère. Toutes deux ne se parlent guère, se retrouvant seulement le soir pour regarder une série TV. A travers les petites annonces Viola est à la recherche d'un homme, un vrai, tandis que sa fille veut devenir créatrice de mode. Elle se rend en stop en Italie, dans l'espoir de décrocher un job, mais sans succès. Toutes deux désirent une autre vie, de l'air frais...
La qualité de ce premier film tient à son ton personnel, un peu décalé - on pense parfois aux films de Kaurismäki -, à une atmosphère qui s'installe peu à peu, très bien mise en images, et par petites touches sensibles. Transparaît aussi en filigrane une image de Budapest et de sa banlieue, et celle d'un contexte économique et social un peu triste. L'interprétation, toute en retenue, est parfaite.
Antoine Rochat