De l'ombre à la lumière

Affiche De l'ombre à la lumière
Réalisé par Ron Howard
Titre original Cinderella man
Pays de production U.S.A.
Année 2005
Durée
Musique Thomas Newman
Genre Drame, Historique, Action
Distributeur Buena Vista International
Acteurs Renée Zellweger, Russell Crowe, Paul Giamatti, Bruce McGill, Craig Bierko
Age légal 14 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 509
Bande annonce

Critique

Se battre, fréquenter les rings: pour qui, pour quoi? Avec maîtrise et sensibilité, voici le récit d'un nouvel homme d'exception.

Cette histoire vraie est celle d'un héros, James J. Braddock qui, à sa façon, incarne le rêve américain. Surnommé le "Bulldog de Bergen", ce boxeur prometteur, blessé et malchanceux, perd en 1929 sa licence, alors que son pays connaît la très grave Dépression économique. Entre soupe populaire et travaux à la petite semaine, le désespoir guette. Heureusement un contrat pour un combat unique se présente. Et tout rebascule. Remonté sur le ring, il ne le quittera plus jusqu'à ce qu'il soit détrôné par le fameux Joe Louis, le 22 juin 1937.

Braddock, c'est l'immigrant d'origine irlandaise qui s'accroche, persuadé que la boxe est son seul talent. C'est pourquoi, lorsqu'une deuxième chance se présente inopinément, il n'hésite pas à la saisir malgré les risques qu'il encourt. Ainsi devient-il le héros des laissés-pour-compte qu'il a côtoyés. Il n'oublie pas les atteintes à sa dignité du temps où il n'arrivait pas à nourrir sa famille. Il garde en mémoire cette période où il ne savait pas contre qui déverser sa colère. D'où cet aveu, au moment de renfiler les gants: "Laisse-moi encaisser sur un ring, là au moins je sais qui je frappe."

Russell Crowe s'est immergé dans ce rôle qui finit par lui coller à la peau, comme avant lui De Niro personnifiant Jake la Motta dans Raging Bull: il n'a pas voulu jouer un rôle de boxeur, mais l'être totalement. Il démontre là son grand talent d'acteur et ses paroles sonnent juste. Renée Zellweger, qui tient le rôle de Mae, l'épouse opiniâtre de Braddock, incarne une femme qui dévoile un caractère bien trempé dans le "non" résolu qu'elle lance à l'adversité. Elle déteste la boxe, mais elle soutient son mari et elle le fera quoi qu'il leur en coûte.

Si Million Dollar Baby était un drame avec des personnages aux psychologies complexes, ce film biographique n'a pas la même densité. Toutefois, le rythme des images et celui de la musique servent l'exposition implicite du regard de cet homme simple qui veut s'en sortir. Les nombreux combats ne sont pas montrés à des voyeurs, mais à des spectateurs conduits à comprendre ce qu'ils signifient pour cet homme et les siens. Et si le réalisateur n'évoque que fort peu les entraînements, il montre en revanche combien ""business"" et boxe forment un drôle de ménage. D'ailleurs si Jim combat sur le ring, Joe Gould, son agent - beau second rôle pour Paul Giamatti - se démène dans les coulisses. Mais cela en vaut-il la peine, si la mort se profile au prochain combat?

Bien sûr, la boxe et la violence des combats sont au centre de ce film, mais il y a plus. L'évocation de Mae et des enfants de Braddock apportent une touche de tendresse qui s'allie à l'humanité qui se dégage de ce colosse, de ce père déchiré par sa difficulté à surmonter la crise.

Ron Howard et Russell Crowe avaient déjà fait équipe pour Un Homme d'exception, consacré à John Forbes Nash Jr, un génie des mathématiques souffrant de schizophrénie. Ce film, qui en un sens pourrait porter le n. 2, livre lui aussi une belle leçon de vie."

Serge Molla

Appréciations

Nom Notes
Serge Molla 15
Georges Blanc 16
Daniel Grivel 18
Ancien membre 18
Antoine Rochat 15
Anne-Béatrice Schwab 17
Maurice Terrail 16