Pour le plaisir

Affiche Pour le plaisir
Réalisé par Dominique Deruddere
Pays de production France, Belgique
Année 2003
Durée
Musique Stephen Warbeck
Genre Comédie
Distributeur Bac Films
Acteurs François Berléand, Lorànt Deutsch, Samuel Le Bihan, Nadia Farès, Olivier Gourmet
N° cinéfeuilles 486
Bande annonce

Critique

"François (François Berléand) est garagiste. Marié à Julie (Nadia Farès), il s'adresse un jour à un psychiatre, Vincent Moreau (Samuel Le Bihan), et lui pose la question suivante: ""Ma femme me dit qu'elle ne peut prendre du plaisir qu'avec des assassins. Que dois-je faire, docteur? - Inventez-vous un crime!"" lui répond l'autre. Le seul problème, c'est qu'au moment où François s'accuse d'un meurtre, un gaillard nommé Weckmann - une brute épaisse et asociale - est découvert mort à côté de son garage...

Partant donc d'un fantasme, POUR LE PLAISIR devient la description, légère et peu réaliste, d'un petit monde qui dérive doucement vers la folie. Chacun est bien content de la disparition de Weckmann: on félicite en secret l'auteur du meurtre qui devient un héros, on crée pour lui un comité de soutien, il est élevé au rang de ""bienfaiteur"". Mais en même temps on ne sait pas très bien qui est le véritable meurtrier...

POUR LE PLAISIR est à la fois une comédie noire, un coup de projecteur sur une microsociété (une petite ville du Nord de la France) et un polar décalé qui se voudrait en même temps surréaliste. Mais c'est raté, et tout ce mélange ne fait pas un bon film. Le cinéaste hésite entre le sérieux (la manipulation, les fantasmes, la fascination pour les assassins) et l'humour absurde. La construction est faite de pièces et de morceaux, tout cela ne sonne pas très juste, ou plutôt aussi faux que des productions musicales laborieusement déchiffrées par le psy, tromboniste amateur à ses heures. Et la caricature est parfois outrée. Dommage: l'idée d'un meurtrier qui, loin d'être rejeté par la communauté, devient vite populaire, était peut-être à creuser. Tout comme celle du mensonge que l'on préfère à une vérité qui dérange... Mais Dominique Deruddere ne s'est pas aventuré jusque-là."

Antoine Rochat