Any Way the Wind blows

Affiche Any Way the Wind blows
Réalisé par Tom Barman
Pays de production Belgique
Année 2003
Durée
Genre Comédie dramatique
Distributeur agorafilms
Acteurs Frank Vercruyssen, Diane de Belder, Eric Kloeck, Jonas Boel, Natali Broods
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 485
Bande annonce

Critique

Voilà un film qui part dans tous les sens, qui affiche une absence totale de scénario, qui propulse ses personnages de ci de là, qui propose des bribes de vie, des scènes tombées du ciel, avec des dialogues décalés, des personnages souvent déconnectés, désemparés et amers. Et totalement décourageants.

Tom Barman, le scénariste-musicien-réalisateur belge du film, le dit lui-même: "Je voulais proposer un contre-poids à tous ces films prévisibles, soumis à la loi d'un scénario trop construit, faits pour plaire à tout le monde." On peut lui savoir gré de cette idée, et question déconstruction, personne ne contestera que l'objectif est atteint. Mais il ne suffit pas de tout raser sans rien mettre à la place. Pauvre spectateur contraint de se débrouiller pendant plus de deux heures avec une trentaine de protagonistes qui lui sont livrés en vrac, et qui n'ont la plupart du temps ""guère d'autre chose à faire qu'à se regarder, ou à regarder comment les autres les regardent"" (c'est l'un des protagonistes qui le dit). Tout cela l'espace d'une journée, lors d'une fête largement arrosée, une nuit de danse, de drogues et de délires en tous genres. Un monde manifestement souffrant, qui semble à la recherche de quelque chose, mais se montre incapable de trouver le moindre remède à cette dérive quasi générale.

La musique - omniprésente et souvent fatigante - est à l'image de ce déferlement visuel: de Charles Mingus à Charlie Parker ou Herbie Hancock, de Puccini à Bach revisités par les groupes rock, le cinéaste demande à la bande sonore de masquer un vide narratif évident.

Peu de chose à garder donc de cette entreprise finalement agaçante (que d'efforts et d'énergie déployés en vain!), sinon peut-être une caméra qui essaie de ne pas sombrer dans la bousculade et qui réussit parfois à saisir un ou deux gestes, ou quelques mots, et à capter un ou deux regards. Mais cela ne suffit pas à sauver le bateau du naufrage.

Antoine Rochat

Appréciations

Nom Notes
Antoine Rochat 9
Daniel Grivel 10
Anne-Béatrice Schwab 3
Serge Molla 7