Mèche (La)

Réalisé par Raúl Perrone
Pays de production France
Année 2008
Durée
Musique Frédéric Weber
Genre Documentaire, Aventure
Distributeur TFM Distribution
Acteurs André Dussollier
N° cinéfeuilles 478
Bande annonce (Allociné)

Critique

"Prix spécial du Festival international de films de Fribourg.

Don Galván, un retraité de 85 ans, vit avec sa femme dans une modeste bâtisse banlieusarde. Ses ennuis vont commencer lorsque son calorifère à mazout refuse de s'allumer: la mèche est trop usée. Ni une, ni deux, il s'embarque dans la vieille voiture d'un copain, et le voilà parti pour la ville de Moron, à la recherche d'une neuve. Mais il aura beau faire, visiter les magasins spécialisés, les quincailleries les mieux outillées, les boutiques chinoises et japonaises, rien n'y fera: cette mèche ne se fabrique plus. Le retour sera plutôt tristounet, à l'image de la future température de sa maison...

Sur cette trame minimaliste, Raúl Perrone montre diverses facettes de la vie de son pays. LA MECHE, mine de rien, permet au spectateur de devenir lui-même, à travers le regard de Don Galván, le témoin d'une société où le chômage et l'insécurité sont aussi évidents que la solidarité et la volonté tenace de survivre. Passé maître dans l'art de restituer la vie quotidienne jusque dans ses petits détails, le réalisateur réussit à ""voler"" d'étonnantes images et séquences de rue et de quartier. Le film de Perrone dévoile bien sûr une ambiance morose - malgré quelques scènes tragi-comiques -, mais il se dégage aussi de LA MECHE une image d'entraide et un fort sentiment de solidarité générale, entre tous les gens rencontrés, peu gâtés par l'existence pour la plupart d'entre eux. Durant toutes ses recherches, Don Galván ne sera jamais laissé seul, jamais livré à lui-même, il y aura toujours quelqu'un pour prendre soin de lui. Le film se termine d'ailleurs par le récit - à la radio - de la parabole du bon samaritain. Ce n'est pas par hasard."

Antoine Rochat