The Station Agent

Affiche The Station Agent
Réalisé par Thomas McCarthy
Pays de production U.S.A.
Année 2003
Durée
Musique Stephen Trask
Genre Comédie dramatique
Distributeur Diaphana Films
Acteurs Michelle Williams, Patricia Clarkson, Peter Dinklage, Bobby Cannavale, Paul Benjamin
N° cinéfeuilles 472
Bande annonce

Critique

"La première œuvre de Thomas McCarthy est captivante à bien des égards. Tendresse, sincérité et humour s'entrecroisent dans une histoire qui plonge au cœur des enjeux humains, bien au-delà d'une foule de trains qui passent sans que personne ne les prenne.

Finbar McBride aime passionnément les trains. Atteint de nanisme, ce jeune homme vit relativement paisiblement jusqu'au jour où son ami, le propriétaire du magasin où il travaille, meurt subitement. Finbar hérite alors d'une petite gare abandonnée dans une petite ville du New Jersey.

Bien décidé à préserver coûte que coûte sa solitude, le nain s'y rend aussitôt en longeant les voies. Mais ses voisins - Joe, un jeune Cubain exubérant qui gère sans conviction un commerce de hot dogs ambulant, et Olivia, une peintre quadragénaire qui vient de perdre son enfant et vit mal son récent divorce - vont rapidement contrarier ses penchants taciturnes.

Le réalisateur tisse son action dans un univers féerique: une gare désaffectée, un wagon abandonné dans lequel une fillette vient jouer, quelques décors attachants d'une petite ville de province, et des kilomètres de rails. Tout autour, des trains passent, sans jamais qu'on y monte, signes et preuves d'une vie trépidante dont le film se désintéresse. Comme il se désintéresse - tout américain qu'il est - des effets tonitruants, des surenchères et des superlatifs de toutes sortes.

Ici, le propos, c'est clairement l'humain, dans quelques dimensions-clés: l'amitié, la marginalité, l'exclusion, le deuil. Et ce propos est servi par des interprètes parfaitement ajustés à leurs rôles respectifs. Naît et progresse alors une amitié entre ces trois personnes: elle constitue la trame du récit. Du coup, leurs différences accentuent leur attrait réciproque. La magie du film étant de juxtaposer ces trois êtres atypiques jusqu'à ce qu'ils trouvent entre eux une ""articulation"" harmonieuse.

Au départ, Thomas McCarthy voulait développer, à travers le rôle de Finbar McBride, un personnage enfermé dans le désir de s'isoler du monde. Ce n'est que plus tard, rencontrant par hasard son ami Peter Dinklage avec lequel il avait joué sept ans plus tôt, qu'il eut l'heureuse intuition de confier à son ami nain le rôle central. C'est alors comme si le film s'enrichissait de nouveaux repères, comme si la symbolique se parait elle aussi d'une dimension nouvelle.

Beaucoup de sensibilité et de doigté dans cette réalisation qui ne tombe jamais dans la facilité. L'originalité des personnages, leurs forces de caractère nous renvoient constamment à des parties de nous-mêmes, ainsi qu'à ces luttes que la vie sans cesse demande à chacun de mener contre l'indifférence, la morosité ou le repli sur soi. Une paisible parabole à taille humaine, juste, émouvante et dotée d'un humour savamment dosé.





Thomas MacCarthy



Thomas MacCarthy était connu jusqu'ici comme un acteur rencontré en télévision dans des productions telles qu'""Ally McBeal"" et ""Spin City"". Son premier film - THE STATION AGENT - obtient trois prix à Sundance en 2003 (Meilleur scénario, Prix du public et Meilleure interprétation féminine pour Patricia Clarkson) ainsi que le Prix spécial du jury au Festival de San Sebastian 2003."

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