Intuitions

Affiche Intuitions
Réalisé par Sam Raimi
Pays de production U.S.A.
Année 2000
Durée
Musique Christopher Young
Genre Thriller, Drame, Epouvante-horreur
Distributeur Mars Distribution
Acteurs Katie Holmes, Cate Blanchett, Giovanni Ribisi, Keanu Reeves, Greg Kinnear
Age légal 16 ans
Age suggéré 16 ans
N° cinéfeuilles 413
Bande annonce

Critique

Difficile de s’intéresser vraiment à l’histoire d’Annie Wilson, qui habite un village de Georgie où tout le monde se connaît mais où une étrange disparition va semer désordre et suspicion.

Annie a récemment perdu son mari: elle élève seule ses trois enfants et elle a des dons de voyante. Malgré une certaine méfiance à son égard, nombreux sont les habitants du village qui font appel à elle pour découvrir leur avenir ou y voir clair dans leur vie. En particulier le shérif, le jour où une jeune femme disparaît. D’abord réticente Annie se laissera embarquer dans une enquête compliquée et cauchemardesque: il y a beaucoup de suspects, beaucoup de raisons de soupçonner tel ou tel habitant du village, beaucoup de surprises… et pas mal d’ennui aussi à suivre toutes ces recherches et à entrer dans un monde de visions, de terreur sinon d’horreur.

L’histoire se déroule dans une région qui ressemble aux bayous de Louisiane et Sam Raimi a essayé d’utiliser ce décor pour créer l’atmosphère nécessaire à ce que l’on peut définir comme un conte fantastique ou un thriller psychologique: cyprès à l’allure étrange, chênes énormes et couverts de mousses et de lichens, aux formes tourmentées et noueuses sont comme les témoins de l’existence d’un monde surnaturel ou - nuance - d’une vie mystérieuse que nous ne pouvons pas toujours percevoir.

On peut savoir gré au cinéaste de n’avoir pas poussé l’horreur trop loin, d’avoir évité un tant soit peu les clichés du genre, et d’avoir réalisé un film où réalité et surnaturel font encore bon ménage. Et les acteurs, il faut le relever, sont bons, et il n’y a pas de dérive vers la caricature. Keanu Reeves donne une image de suspect crédible et Cate Blanchett est, à quelques scènes près, excellente dans ce rôle de médium chaleureux et bienveillant, fragile aussi, sensible à tout son entourage. Il y a en effet un côté d’ouverture sympathique chez Annie qui joue souvent un rôle proche de l’assistante sociale ou de la psychologue auprès de tous les gens qui s’adressent à elle parce qu’ils sont en difficulté. Mais elle doit aussi s’occuper de ses enfants… d’où, chez elle, de par sa capacité mystérieuse d’intuition, un sentiment de culpabilité supplémentaire.

Les composantes fantastiques et oniriques du film restent en revanche plus conventionnelles. Les visions de l’héroïne sont parfois simplistes (ou alors trop attendues) et - surtout - le dénouement sombre dans la multiplication des fausses pistes et de l’artificialité. A vouloir trop mener le spectateur par le bout du nez, à vouloir trop compliquer les choses, le cinéaste donne l’impression d’avoir égaré les dernier morceaux de son puzzle. Et de bâcler le final.

Antoine Rochat