Rire et châtiment

Affiche Rire et châtiment
Réalisé par Isabelle Doval
Pays de production France
Année 2002
Durée
Genre Comédie
Distributeur EuropaCorp Distribution
Acteurs José Garcia, Philippe Uchan, Laurent Lucas, Isabelle Doval, Véronique Picciotto
N° cinéfeuilles 451
Bande annonce

Critique

"Mourir de rire... La cinéaste Isabelle Doval a fait le pari (original) de prendre la formule à la lettre. Le scénario imaginé est simple: Vincent (José Garcia), ostéopathe énergique et amuseur patenté, s'est créé toute une galerie d'amis parfaitement acquis à ses histoires drôles, ses facéties et ses gags. Seul couac dans ce spectacle permanent, sa femme Camille (Isabelle Doval) jette l'éponge. Epuisée par la superficialité de cet ""one-man-show ambulant"" (comme elle l'appelle), elle en a assez. Elle le quitte, lui reprochant de n'être jamais lui-même, de ne penser qu'à son succès personnel et, dans sa vanité, de ne rien lui donner à elle de son intimité.

Une des qualités de ce film est sans doute d'avoir réussi à nous faire rapidement détester ce pitre fatigant qui dispose du pouvoir très particulier de faire littéralement mourir de rire ceux qui l'écoutent. Vincent finira par laisser tomber le masque et comprendre (mais il faudra l'obstination de son entourage) qu'il n'est qu'un pantin artificiel et pitoyable. Il y a là une amorce de réflexion, mais elle ne va pas très loin.

Le film, mal maîtrisé, est fait de pièces (certaines excellentes) et de morceaux (souvent inutiles). Isabelle Doval a sans doute commis l'erreur, pour un premier film, de vouloir être à la fois scénariste, réalisatrice et actrice... Si la structure de RIRE ET CHÂTIMENT est celle d'une comédie dont le ton, tout d'abord léger, se transforme en cours de route pour laisser place, par instants, à la réflexion et à l'émotion, et si le spectateur réussit en général à prendre le recul nécessaire et à ne plus rire des plaisanteries de Vincent - alors que tout le monde, sur l'écran, continue de s'esclaffer -, il n'en reste pas moins que le film n'est pas abouti. Ni comédie, ni étude de mœurs, ni peinture des sentiments, RIRE ET CHÂTIMENT aurait demandé à être recentré et épuré. Le portrait - en soi intéressant, et surtout s'il est fait par une femme - d'un homme qui veut désespérément briller en société en faisant rire, qui cherche à plaire à tous quitte à en oublier son épouse, méritait mieux que ce parcours du combattant assez laborieux."

Antoine Rochat