L'édito de Émilie Fradella - Cruel «Summer»
Le 09 juillet 2025
Au menu de ce numéro 942, une ribambelle de flops vient décorer les couloirs désertés des multiplexes en cycle estivale. Du remake de dinosaures ridicule avec Jurassic World: Renaissance de Gareth Edwards, au thriller assassin sans grand intérêt à base de requins et de touristes dans Dangerous Animals de Sean Byrne, en passant par Les Orphelins, un film d’action mal dosé signé Olivier Schneider; nos rédacteurs ont fait saigner leurs doigts à force de frénétiquement taper leurs critiques virulentes. Le mois de juillet reste, pour les sorties cinéma, une voie de garage où l’on parque consciencieusement les blockbusters aux scénarios paresseux.
Mais quelques diamants brillent tout de même dans le sable: L’Accident de piano de Quentin Dupieux, The Life of Chuck réalisé par Mike Flanagan, ou encore Rapaces de Peter Dourountzis viennent jouer les pommades apaisantes sur les coups de soleil non désirés. Également pour parer à ces déconvenues de saison, nous avons le plaisir d’inaugurer une nouveauté: le Cahier d’été de notre comité de rédaction, une première! Ce dossier est né d’un désir simple et joyeux: offrir un espace un peu à part, plus libre, où les plumes peuvent se raconter passionnément.
Ici, pas de notes ni de synopsis, mais des réponses spontanées parfois en désordre, souvent très personnelles. Un film vu cent fois sans lassitude. Une salle obscure qui continue de hanter nos souvenirs. Une scène qui revient sans prévenir. Un cinéaste que l’on admire en secret, ou que l’on n’a jamais réussi à aimer. Autant d’éclats de mémoire, souvent tendres, parfois drôles, mais toujours sincères; ce cahier est aussi une invitation à lire autrement celles et ceux qui écrivent pour Ciné-Feuilles tout au long de l’année. On y croise des enthousiasmes contagieux, des doutes, des plaisirs assumés, des contradictions revendiquées. Mais surtout, on y ressent ce lien vivant entre les films que l’on regarde et ce qui nous fait vibrer.
Cher lecteur, nous vous souhaitons une lecture enjouée de ces pages, en espérant qu’elles nourrissent, à leur manière, votre propre histoire de spectateur.
Bel été!
Émilie Fradella