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Un passé sans images
Certains films naissent d’une absence, certaines images arrivent trop tard. D’autres, le cinéma doit les inventer. Car la mémoire collective n’est jamais complète, ponctuée de silences, de ruptures, voire d’images manquantes - et désormais facilement falsifiables. Le philosophe Walter Benjamin écrivait en 1940 dans ses Thèses sur le concept d’histoire (1) que le passé surgit par éclairs dans le présent, lorsque celui-ci tente de comprendre ce qui l’a précédé. Le cinéma sait accueillir ces fragments et les recomposer en témoignages et récits, pour faire apparaître un savoir souvent lacunaire.Dès les années 1950, certains films interrogent cette question, à l’instar de Nuit et brouillard (1956), où Alain Resnais mêle images d’archives et paysages contemporains des camps nazis pour montrer comment les lieux eux-mêmes portent encore l’empreinte des événements. Plus tard, avec Shoah (1985), Claude Lanzmann choisit de ne montrer aucune archive, et traduit un héritage qui n’existe plus que dans la parole des survivants, ainsi que dans les paysages d’aujourd’hui. Cette réactivation de la mémoire rappelle la pensée d’Aby Warburg et sa notion de Nachleben, la «survivance» des images, développée dans son projet inachevé L’Atlas Mnémosyne (2) (1924-1929), selon laquelle les formes visuelles traversent les siècles et réapparaissent dans d’autres contextes historiques.
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Elle comprend 12 numéros par année et présente un tableau des notes décernées aux films, éditorial, fiches et notules pour chaque film, échos de festivals, etc.