Dans les forêts de Sibérie

Affiche Dans les forêts de Sibérie
Réalisé par Safy Nebbou
Pays de production France
Année 2016
Durée
Musique Ibrahim Maalouf
Genre Aventure
Distributeur jmhdistributions
Acteurs Raphaël Personnaz, Evgueni Sidikhine
Age légal 8 ans
Age suggéré 14 ans
N° cinéfeuilles 749
Bande annonce (Allociné)

Critique

Après avoir voyagé à plusieurs reprises en Sibérie, l’écrivain Sylvain Tesson passe la moitié de l’année 2010, seul, au bord du lac Baïkal, dans une cabane située à 120 km du plus proche village. Il y écrit le journal de l’ermite qu’il est devenu, Dans les forêts de Sibérie (Gallimard, 2011). Du début février à la fin juillet, il ne parlera que deux ou trois fois à des êtres humains, lors de brefs séjours chez des amis pêcheurs qui vivent à deux jours de là.

L’exploit a séduit Safy Nebbou qui, cependant, n’en garde que l’idée principale: l’isolement d’un Français dans la taïga. Teddy (Raphaël Personnaz) va vivre un an dans la cabane qu’il a achetée à l’orée de la forêt. Le lac est encore gelé. Un ours rôde dans les parages, puis survient une tempête de neige. Teddy sort imprudemment, se perd. Il est sauvé de justesse par Alexei (Evgueni Sidikhine), cet homme dont on parle de l’autre côté du lac comme d’un criminel en fuite. Au cœur de la vie sauvage, les deux hommes deviennent amis.

Mettre en scène une expérience comme celle de Sylvain Tesson est un sérieux défi; il faut y affronter le silence, la solitude, les signes infimes de la nature, les bruits à identifier, tout le ressassement des menus gestes quotidiens dont dépend la survie.  Accepter la philosophie de l’épreuve, au fond et parvenir à y intéresser le public.

Nebbou y renonce d’emblée; loin de l’amplitude de l’entreprise, il se limite à l’action. Outre que Teddy ne peut pas se retrouver face à lui-même, sa solitude étant très vite rompue, le silence sibérien est lourdement effacé par la bande sonore. L’aventure s’en trouve singulièrement réduite, dans sa difficulté, dans sa durée, comme dans son immensité, malgré des plans magnifiques.

Dépourvu d’ampleur, Dans les forêts de Sibérie apporte cependant la chaleur d’une amitié que les circonstances obligent à approfondir. L’on y percevrait même un brin d’ironie: cette Sibérie où Alexei, obligé d’y vivre, paie de sa chair, Teddy se l’offre avec le luxe de pouvoir y venir et en repartir quand il le veut.

Geneviève Praplan

Appréciations

Nom Notes
Geneviève Praplan 12
Anne-Béatrice Schwab 15
Philippe Thonney 16