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critiques de films depuis 1999

« En tant que cinéphile, je suis un fanatique de la vidéo ». (François Truffaut)

26 août 2015

Lors d'un récent séjour à Vienne, le circuit touristique fut historiquement et culturellement complet. La Hofburg, Schönbrunn, le beau Danube (plus très) bleu, sans oublier le visionnage du Troisième homm, toujours projeté dans une petite salle de quartier depuis sa sortie en 1948.

Un film indissociable de la capitale autrichienne, car en plus de raconter une histoire trépidante, brillamment mise en scène et interprétée, il fut tourné dans les décors naturels détruits par la guerre et dans les quartiers que se partageaient à l’époque les quatre grandes puissances ayant vaincu l’Allemagne nazie. La ville organise même un circuit touristique spécial sur les traces de Harry Lime, où l’on peut voir par exemple la célébrissime plaque d’égout ou le Riesenrad. Rappelons pour l’anecdote que la scène de la conversation à l’intérieur de la cabine fut la seule à être tournée en studio à Londres.

Quel bonheur de revoir ce chef d'œuvre, et surtout de le voir pour la première fois sur grand écran! Cela me rappela qu'en plus d’être une synthèse de tous les arts (de la comédie à la musique, de l’écriture à la photographie), le cinéma est l'un des plus formidables et efficaces vecteurs de la mémoire des lieux, des hommes et des époques.

Une mémoire qui peut se transmettre grâce aux cinémathèques et à cette merveilleuse invention que fut la vidéo, ancêtre du DVD. Grâce à elle, ces films qui maintiennent vivace le patrimoine artistique et historique de l’humanité peuvent aussi devenir des œuvres cultes pour les jeunes générations.

Certes, un film doit d’abord être vu en salle, si possible. Un ancien assistant de Robert Bresson raconte en souriant que ce dernier aurait certainement détesté le fait que ses films puissent être vus sur un petit écran. Mais il est bon de rappeler à certains puristes extrêmes que si des millions d’enfants reconnaissent Charlot du premier coup d’œil, ou ont une chance de connaître un jour la célèbre mélodie du Troisième homme, c’est principalement grâce aux DVD et à la télévision.

Philippe Thonney

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