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critiques de films depuis 1999

Palmarès 2013

01 mars 2014

 Notre lecteur s’étonnera peut-être de voir caracoler en tête de notre palmarès L’expérience Blocher, le documentaire suisse de Jean-Stéphane Bron. Voilà une bonne nouvelle et un signe de santé de ce cinéma-là. A signaler aussi que la part de marché du cinéma helvétique – fictions et documentaires réunis - a bondi dans notre pays, en 2013, de 4,7% à 8,5%. Pourvu que ça dure!

Le cinéma, on le sait, poursuit sa lente transformation, accompagnée des commentaires souvent moroses des exploitants qui vous diront que la fréquentation des salles, en 2013, est en net recul. On constate effectivement aujourd’hui qu’il existe deux cinémas: d’une part celui des blockbusters, des grosses productions, des grands films d’animation et d’effets spéciaux qui drainent l’essentiel du public, et d’autre part celui qui, marginalisé par le premier, s’inscrit dans une réflexion moins attractive, mais plus profonde, sur le monde qui nous entoure. Le premier surfe (mais s’essouffle un peu) sur des scénarios de fin du monde et de catastrophes planétaires, au mieux avec un petit espoir de survie – voire quelques films « survivals » hollywoodiens. Le second est un cinéma beaucoup plus discret (dans sa forme comme dans sa médiatisation), un cinéma qui questionne, qui peut déranger parfois, mais qui est finalement moins frileux que les productions des «majors».

En 2013, Ciné-Feuilles a donc apprécié une bonne douzaine de films. Un choix qui se révèle assez éclectique : les Etats-Unis sont bien là (mais il s’agit de productions indépendantes des grands studios), l’Europe est présente aussi (de la Biélorussie à l’Italie, en passant par l’Allemagne et la Suisse), de même que l’Orient, proche ou lointain (Liban, Iran, Afghanistan et Japon). On notera en revanche l’absence de l’Afrique et de l’Amérique du Sud.
Ciné-Feuilles, on le sait, ne privilégie pas la gaudriole, mais s’intéresse avant tout aux films qui parlent de l’actualité ou du passé récent, de l’homme et de son existence: portrait d’un politicien (1), problèmes et conflits dans le monde d’aujourd’hui (5, 13) ou d’hier (6, 7, 8), responsabilités, engagement et intégration de chacun dans la société (2 3, 4, 9, 10, 11, 12). Un cinéma qui peut (ou qui veut) surprendre, qui parle de l’homme, qui ne répond sans doute pas à toutes les questions, mais qui a la qualité de savoir associer le spectateur à sa démarche. Un cinéma ancré dans la réalité, révélateur, et qui s’accompagne le plus souvent d’une  réflexion d’ordre éthique.

Dis-moi quels films tu préfères, et je te dirai qui tu es…

Antoine Rochat

Les bonnes notes de Ciné-Feuilles (moyennes de 18,3 à 16,2 par ordre décroissant)

1.    L’EXPÉRIENCE BLOCHER, Jean-Stéphane Bron, Suisse
2.    CÉSAR DOIT MOURIR, Paolo et Vittorio Taviani, Italie
3.    SYNGUÉ SABOUR (Pierre de patience), Atiq Rahimi, Afghanistan
4.    LE PASSÉ, Asghar Farhadi, Iran/France
5.    L’ATTENTAT, Ziad Doueiri, Liban/Qatar
6.    DANS LA BRUME, Sergei Loznitsa, Lettonie/Biélorussie
7.    HANNAH ARENDT, Margarethe von Trotta, Allemagne
8.    SOUS SURVEILLANCE, Robert Redford, Etats-Unis
9.    BLUE JASMINE, Woody Allen, Etats-Unis
10.    MOI ET TOI, Bernardo Bertolucci, Italie
11.    TEL PÈRE TEL FILS, Hirokazu Kore-eda, Japon
12.    NE M’OUBLIE PAS, David Sieveking, Allemagne
13.    ZERO DARK THIRTY, Kathryn Bigelow, Etats-Unis

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